Une douleur derrière le talon peut venir du tendon d’Achille, d’une bourse irritée, d’une bosse osseuse ou du frottement de la chaussure. Ces problèmes peuvent se combiner, mais ne se traitent pas tous comme une fasciite située sous le talon.
Bien situer la douleur
Le tendon d’Achille relie les muscles du mollet au calcanéum. Il participe à la propulsion lorsque vous marchez, courez ou sautez. La douleur peut se situer à son attache sur l’os, quelques centimètres au-dessus, ou plus superficiellement à l’endroit où la chaussure frotte.
Précisez si le problème est apparu progressivement ou après un événement soudain. Mentionnez une raideur matinale, un gonflement, une bosse, une modification de l’entraînement ou une chaussure différente.
Quatre causes possibles
Bosse de Haglund
Il s’agit d’une proéminence à la partie supérieure et arrière de l’os du talon. Elle peut favoriser une irritation par contact avec la chaussure ou les tissus voisins. Sa présence ne signifie pas automatiquement qu’elle est responsable de tous les symptômes. Certaines personnes ont une bosse sans douleur.
Tendinopathie d’insertion du tendon d’Achille
Cette atteinte concerne l’endroit où le tendon rejoint l’os. La douleur peut être aggravée par la poussée, la course ou certaines positions de la cheville. Le tendon peut devenir sensible ou épaissi. Le terme « tendinopathie » permet de décrire le problème sans supposer qu’il se limite à une inflammation.
Calcifications ou excroissance à l’insertion
Des dépôts ou des modifications osseuses peuvent être visibles près de l’attache du tendon. L’image aide à décrire les structures, mais le traitement dépend des symptômes et de l’examen. L’existence d’une calcification n’impose pas une opération.
Bursite rétrocalcanéenne
La bourse située entre le tendon et l’os facilite leur glissement. Son irritation peut entraîner douleur et gonflement à l’arrière du talon. Elle peut coexister avec une tendinopathie ou une bosse de Haglund. Une irritation plus superficielle liée à la chaussure est également possible.
Comment se fait l’évaluation ?
L’examen porte notamment sur la peau, la zone douloureuse, la mobilité et la fonction du tendon. Les chaussures, les activités et les facteurs de santé sont revus. Une radiographie peut montrer la forme de l’os et certaines calcifications ; une échographie ou une IRM peut être discutée si elle répond à une question précise.
Signalez vos médicaments et les injections reçues, ainsi qu’une douleur dans d’autres articulations. Un gonflement inhabituel ne doit pas être attribué automatiquement au frottement.
Réduire la pression et le frottement
- Choisir une chaussure qui ne presse pas directement sur la zone douloureuse.
- Vérifier la hauteur et la rigidité de l’arrière de la chaussure, mais aussi sa stabilité générale.
- Prévoir suffisamment de place si un coussinet ou un support est utilisé.
- Éviter de superposer des accessoires qui rendent la chaussure trop serrée.
- Demander un ajustement professionnel plutôt que de découper une chaussure au risque de compromettre sa tenue.
Un coussinet placé autour d’une zone de pression ou une protection antifrottement peut parfois aider. Une talonnette peut modifier les contraintes sur le tendon dans certaines situations ; sa hauteur, la chaussure et l’équilibre entre les deux pieds doivent être vérifiés.
Les orthèses ne sont pas indispensables dans tous les cas. Elles peuvent être envisagées si l’examen met en évidence un objectif précis de soutien ou de répartition des charges.
Adapter l’activité et renforcer progressivement
Une diminution temporaire des côtes, des accélérations, des sauts ou des longues marches peut être utile si ces activités provoquent la douleur. L’objectif est d’ajuster la charge, puis de la reconstruire progressivement, sans imposer un repos complet prolongé à tout le monde.
Le renforcement du mollet et du tendon fait souvent partie du plan. Les exercices doivent tenir compte de la localisation. Pour une douleur à l’insertion, descendre le talon très bas au bord d’une marche ou forcer les étirements peut augmenter la compression douloureuse. Un programme trouvé pour une douleur située plus haut dans le tendon ne doit pas être copié automatiquement. Comprendre les différentes atteintes du tendon d’Achille
La douleur pendant l’exercice et la réaction le lendemain aident à adapter la progression. Une baisse de douleur n’autorise pas forcément à reprendre immédiatement les efforts maximaux.
Les autres options de soins
Soulagement et protection
Le froid avec protection de la peau peut apporter un confort temporaire. Les médicaments éventuels doivent tenir compte des antécédents et des autres traitements. Si la marche est très douloureuse, une botte peut parfois être proposée pour une période limitée, avec un plan de reprise.
Ondes de choc
Elles peuvent être discutées dans certains cas persistants. La réponse est variable et la technique n’est pas adaptée à tout le monde. Il ne faut pas promettre qu’elle fera disparaître une bosse ou « dissoudra » systématiquement les calcifications. Bénéfices, limites et précautions
Infiltrations
Les infiltrations de corticostéroïde dans le tendon d’Achille sont généralement déconseillées en raison du risque de rupture. Une éventuelle intervention autour du tendon demande une évaluation précise de la structure visée et des risques. Précautions concernant les injections
Si la douleur reste présente
Le suivi permet de vérifier l’évolution de la fonction, les chaussures et la progression des exercices. Une amélioration peut survenir alors que la bosse ou une calcification reste visible. L’objectif est le confort et la capacité d’activité, pas nécessairement une image redevenue normale.
Si une atteinte durable reste très limitante malgré des soins adaptés, un avis chirurgical peut être discuté. Les interventions possibles et la récupération varient selon les structures concernées.
Un claquement soudain change la situation
Un claquement accompagné d’une douleur aiguë, d’une faiblesse de propulsion ou d’une difficulté à marcher peut évoquer une rupture. Arrêtez l’activité et demandez rapidement une évaluation médicale. Ne testez pas la solidité du tendon en répétant les sauts ou les montées sur la pointe. Rupture du tendon d’Achille
Une évaluation adaptée à votre situation
Dr Bochi, podiatre · Complexe de santé Reine-Élizabeth
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Mise à jour documentaire : 4 octobre 2026.