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Vous avez encore mal malgré des chaussures différentes, des exercices ou des orthèses ? Une douleur persistante mérite un nouveau bilan. Elle ne signifie pas automatiquement qu’un traitement a été mal fait ni qu’une opération est nécessaire.

Pourquoi la douleur ne passe-t-elle pas ?

Plusieurs facteurs peuvent se combiner : sollicitation encore trop importante, reprise trop rapide du sport, difficulté à adapter le travail debout, exercices mal tolérés ou problème différent de celui envisagé au départ. Certaines douleurs prennent aussi plus de temps à évoluer. Le sommeil, le stress, les autres problèmes de santé et les contraintes du quotidien font partie des éléments à discuter.

L’objectif de la réévaluation est de comprendre ce qui reste limitant et d’ajuster le plan, plutôt que de répéter automatiquement le même traitement.

Fasciite, fasciosis ou fasciopathie ?

« Fasciite plantaire » est le terme le plus connu. Lorsqu’une atteinte du fascia dure, des modifications de sa structure peuvent aussi être présentes ; on emploie parfois « fasciosis » ou « fasciopathie ». La durée de la douleur ne permet pas à elle seule de déterminer l’état du tissu. Une image de fascia épaissi n’explique pas, à elle seule, toute l’intensité de la douleur.

Revoir le diagnostic et les soins déjà essayés

Le bilan reprend la localisation précise, le début des symptômes, les activités, l’examen du pied et les résultats antérieurs. Une atteinte nerveuse, une fracture de fatigue, une lésion du fascia ou une affection inflammatoire peuvent parfois ressembler à une fasciite. Une douleur du tendon d’Achille appelle aussi une prise en charge différente.

  • Quels traitements ont été essayés, pendant combien de temps et à quelle fréquence ?
  • Y a-t-il eu une amélioration, une aggravation ou des effets indésirables ?
  • Les orthèses conviennent-elles encore aux chaussures et aux activités ?
  • La douleur est-elle la même qu’au début, ou a-t-elle changé de place ou de caractère ?

Une radiographie, une échographie ou une IRM peut être utile dans certaines situations, notamment pour explorer une autre cause. Les examens sont choisis selon la question clinique ; il n’est pas nécessaire de tous les faire. Recommandations cliniques, 2023

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Quelles options peut-on discuter ?

Reprendre les bases du plan

L’adaptation des activités, le programme d’exercices, les chaussures et les supports plantaires restent à réexaminer, même après plusieurs mois. Une protection temporaire, comme une botte de marche, peut être envisagée dans certains cas douloureux ; son indication, sa durée et la reprise de l’appui doivent être encadrées.

Ondes de choc

Les ondes de choc sont appliquées à travers la peau. Elles peuvent être proposées pour certaines douleurs persistantes après d’autres soins. Le bénéfice et son délai varient ; aucune amélioration ne peut être garantie. Douleur transitoire, rougeur, gonflement ou ecchymoses sont possibles. Une rupture du tendon ou du fascia est un risque rare décrit. Les antécédents, médicaments, injections récentes et contre-indications doivent être vérifiés avant le traitement. Information sur les ondes de choc

Infiltration de corticostéroïde

Une infiltration peut apporter un soulagement, souvent surtout à court terme. Elle ne remplace pas la réadaptation. Les risques comprennent notamment une rupture du fascia et une diminution du coussinet graisseux. L’échographie peut aider à localiser la zone et à guider l’aiguille ; elle ne supprime pas les risques. Le nombre d’injections et leur pertinence doivent être discutés, surtout si les symptômes reviennent.

Plasma riche en plaquettes (PRP)

Le PRP est préparé à partir d’un prélèvement de sang du patient, puis injecté dans la région visée. Des essais cliniques rapportent des améliorations, mais les préparations, protocoles et résultats diffèrent. Il serait inexact d’affirmer qu’il n’existe aucune étude ; il serait tout aussi excessif de promettre une guérison. Les coûts, la douleur après l’injection, les risques et l’incertitude du bénéfice individuel doivent être discutés. Exemple d’essai clinique, 2025

Aiguilles sèches et interventions sur le fascia

Le traitement de points musculaires douloureux par aiguilles sèches et la fenestration du fascia sont des techniques différentes. La première cible des muscles ; la seconde agit sur le fascia. Le nom « dry needling » peut donc prêter à confusion. Il faut préciser la technique proposée, son objectif, les preuves qui la concernent et les qualifications requises. Ce n’est pas un geste à reproduire soi-même. Recommandations sur les points musculaires

Laser, ultrasons thérapeutiques et électrothérapie

Ces modalités ne sont pas interchangeables. Les recommandations de 2023 abordent notamment le laser de faible intensité comme complément de réadaptation et ne recommandent pas les ultrasons thérapeutiques pour augmenter le bénéfice des étirements. L’échographie diagnostique, qui produit une image, est autre chose. Le choix d’un appareil ne dispense pas d’un programme adapté. Recommandations cliniques

Radiofréquence et autres techniques mini-invasives

Une technique agissant sur un nerf pour modifier le signal douloureux n’a pas le même objectif qu’une procédure agissant sur le fascia. Avant de considérer une radiofréquence, une cryothérapie invasive ou un geste de débridement, il faut clarifier la structure ciblée, les données disponibles, les risques et les alternatives. Une intervention décrite comme « mini-invasive » n’est pas pour autant sans risque.

Comment décider de la prochaine étape ?

Il n’existe pas une succession obligatoire de toutes ces techniques. La décision tient compte du diagnostic, de vos préférences, des contraintes, des résultats attendus et des effets indésirables possibles. Demandez aussi le coût total, le nombre de séances envisagé, les restrictions temporaires et le moment prévu pour réévaluer.

Des objectifs simples facilitent le suivi : marcher plus longtemps, mieux tolérer le travail ou reprendre un loisir. Une diminution de douleur juste après une séance ne suffit pas à conclure à une récupération durable.

Quand un avis chirurgical peut-il être utile ? →

Préparer un deuxième avis

Un deuxième avis peut aider lorsque le diagnostic reste incertain ou qu’une intervention est envisagée. Apportez les rapports d’imagerie disponibles, vos orthèses et chaussures, votre liste de médicaments et un résumé chronologique des soins. Mentionnez les infiltrations, leurs dates et leurs effets.

Questions utiles : « Qu’est-ce qui explique encore ma douleur ? », « Que propose-t-on de différent et pourquoi ? », « Quels résultats suivre ? » et « Quelles sont les alternatives si cela ne fonctionne pas ? »

Douleur intense ou nouvelle : ne pas attendre

Une douleur soudaine après une blessure, un claquement avec perte de fonction, une déformation ou une impossibilité de marcher justifient une évaluation médicale rapide. Une douleur qui s’aggrave, empêche les activités habituelles ou s’accompagne de perte de sensibilité doit aussi être évaluée. Signes qui doivent faire consulter

Au Québec, Info-Santé 811, option 1 peut vous orienter pour une situation non urgente. Pour une urgence grave : 911 ou urgence.

Une évaluation adaptée à votre situation

Dr Bochi, podiatre · Complexe de santé Reine-Élizabeth
2100 avenue Marlowe, bureau 500, Montréal, QC H4A 3L5

Mise à jour documentaire : 4 octobre 2026.