Lésions de Lisfranc

Les lésions de Lisfranc touchent les articulations et les ligaments du milieu du pied. Elles peuvent aller d’une entorse à une luxation, avec ou sans fracture, et nécessitent une évaluation rapide après un traumatisme.

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Introduction

Les articulations de Lisfranc portent le nom de Jacques Lisfranc, chirurgien français qui a servi dans l’armée napoléonienne. Elles relient l’avant-pied au milieu du pied et jouent un rôle essentiel dans sa stabilité.

Les articulations de Lisfranc

Ce groupe d’articulations relie les métatarsiens, les os longs qui se prolongent vers les orteils, aux os du tarse situés au milieu du pied. Les os et les ligaments de cette région soutiennent la voûte plantaire et transmettent les forces pendant la marche.

Une torsion, un écrasement ou un mouvement forcé alors que l’avant-pied reste bloqué peut endommager ces structures et rendre le milieu du pied instable.

Qu’est-ce qu’une lésion de Lisfranc ?

Une lésion de Lisfranc touche les ligaments, les articulations ou les os du milieu du pied. Sa gravité varie d’une entorse ligamentaire à une luxation complète, parfois accompagnée de fractures.

Elle peut survenir pendant une activité sportive, lors d’un accident de la route ou après un traumatisme plus discret, comme un faux pas sur un trottoir ou dans un escalier. Une blessure qui semble mineure peut néanmoins nécessiter une prise en charge importante.

Symptômes

  • Un gonflement du pied.
  • Des ecchymoses, notamment sous la plante du pied.
  • Une douleur au milieu du pied.
  • Une difficulté ou une incapacité à prendre appui.
  • Un élargissement du milieu du pied ou un changement de sa forme.

L’intensité des symptômes varie. Le fait de pouvoir marcher n’exclut pas une lésion de Lisfranc.

Diagnostic

Une suspicion de lésion de Lisfranc après un traumatisme nécessite une évaluation médicale rapide, en soins urgents ou à l’urgence selon la gravité des symptômes.

L’examen vérifie la stabilité du pied, la peau, la sensibilité et la circulation sanguine. Il permet aussi de rechercher des complications, dont le syndrome des loges, une augmentation dangereuse de la pression dans les tissus.

Une douleur intense qui augmente rapidement, un pied froid ou pâle, un engourdissement nouveau, une déformation marquée ou une plaie ouverte justifient une consultation immédiate à l’urgence.

Des radiographies sont généralement réalisées en premier. Des clichés en appui peuvent être demandés si le professionnel juge cela approprié. Une tomodensitométrie (TDM) peut préciser les fractures et leur déplacement; une IRM peut aider à évaluer les ligaments.

Une immobilisation peut être mise en place rapidement. En attendant l’évaluation, évitez de prendre appui sur le pied blessé.

Traitement non chirurgical

Un traitement sans chirurgie peut être envisagé pour certaines lésions stables, lorsque les os restent bien alignés. Le choix repose sur l’examen, l’imagerie et l’évaluation de la stabilité des articulations.

Il peut comprendre une immobilisation dans un plâtre ou une botte, avec une période sans appui de plusieurs semaines, suivie d’une reprise progressive selon les consignes de l’équipe soignante. Des contrôles réguliers, parfois accompagnés de radiographies, permettent de vérifier que l’alignement se maintient.

Une lésion instable ou déplacée peut consolider dans une mauvaise position et entraîner une déformation, une douleur persistante ou de l’arthrose. Un avis orthopédique est alors nécessaire.

Traitement chirurgical — Référence à un orthopédiste

Si une chirurgie est envisagée pour une lésion de Lisfranc, le patient sera référé à un orthopédiste pour une évaluation spécialisée et la prise en charge chirurgicale.

L’intervention vise à rétablir l’alignement et la stabilité du milieu du pied. Selon les lésions, l’orthopédiste peut utiliser des vis, des plaques ou d’autres dispositifs de fixation. Dans certains cas, une arthrodèse, c’est-à-dire la fusion de certaines articulations, peut être recommandée.

Le moment de l’intervention dépend notamment de l’état de la peau, du gonflement et de l’urgence de la situation. L’orthopédiste détermine également la durée sans appui, la reprise progressive de la marche et le programme de réadaptation.

La récupération s’étend souvent sur plusieurs mois. Le retrait du matériel n’est pas systématique : sa nécessité et son calendrier dépendent du type d’intervention et de l’évolution.

Une raideur, une douleur persistante ou une arthrose peuvent survenir malgré un traitement approprié. Une intervention complémentaire, parfois une arthrodèse, peut être discutée si les symptômes le justifient.

Consulter un podiatre

Pour une évaluation ou un suivi d’une douleur au pied, contactez la Podiatrie du Complexe de santé Reine-Élizabeth, à Montréal. Lorsqu’une prise en charge chirurgicale est indiquée, nous vous référons à un orthopédiste.

Après un traumatisme récent accompagné de gonflement, d’ecchymoses ou d’une difficulté à marcher, faites évaluer votre pied rapidement. Signalez ces symptômes dès votre appel pour que l’urgence de la situation soit prise en compte.

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